Aeon

Année

2025

Statut

Académique

Collaborateurs

Projet individuel

AEON s’inscrit dans une démarche l’architecture devient un support de transmission, de mise en mouvement et de réactivation du territoire. En façonnant un parcours structuré, lisible et symbolique, le projet propose une lecture sensible du lieu : il en révèle les traces, en réinterprète les strates, et en prolonge la mémoire. En articulant espace, lumière, matière et temps, le centre de connaissances cherche à réconcilier un quartier avec son histoire autant qu’à ouvrir des perspectives nouvelles pour ses habitants. C’est par le cheminement, par la montée progressive vers la connaissance, que s'opère une transformation progressive et positive du territoire.

© Aeon

Incarner

Le projet AEON s’inscrit dans la continuité de l’allégorie de la caverne de Platon et conçoit l’architecture comme un parcours initiatique vers la connaissance. Plus qu’un simple dispositif spatial, il propose une expérience progressive, où le cheminement du corps accompagne l’évolution de la pensée, de l’introspection à la compréhension éclairée.

Le projet AEON est un récit architectural qui s’organise autour d’un triptyque symbolique ; les grottes, les strates et les jardins. Ces éléments, issus de la volonté de valoriser les richesses territoriales, structurent le projet tant dans sa forme que dans son sens. 

La grotte constitue le point d’origine du parcours : espace d’ombre, de silence et de concentration, elle renvoie aux premiers lieux de transmission de l’humanité. Cette symbolique trouve un écho particulier à Naples, ville façonnée par le tuf volcanique, dont les catacombes, carrières et sanctuaires souterrains ont longtemps été des espaces de mémoire.

À la sortie de la grotte, le projet entre dans le monde des strates, métaphore de l’accumulation et de l’organisation rationnelle du savoir. Inspirées par la géologie et l’histoire napolitaines, ces couches successives traduisent la sédimentation des connaissances humaines et la construction progressive de l’autonomie intellectuelle. L’architecture y devient plus lisible, structurée, traversée par une lumière filtrée qui accompagne la méthode, l’analyse et le discernement.

Le jardin, à la fois origine et aboutissement du parcours, incarne la mise en harmonie du savoir acquis. Qu’il soit primitif ou structuré, il symbolise le lien fondamental entre l’humain et son environnement, ainsi que l’épanouissement intellectuel et sensible qui résulte du chemin parcouru. Espace de transition et de révélation, le jardin clôt le récit architectural en offrant un lieu de contemplation, où le temps, la mémoire et la connaissance se rejoignent.

En quoi un parcours initiatique vers le savoir, matérialisé par un centre de connaissances, peut-il raviver l’esprit du lieu et favoriser la cohésion sociale, tout en stimulant la revitalisation d’un quartier délaissé en perte d’identité ?

Implantation

Dans le cadre du projet urbain global mené sur le quartier de Bagnoli, le projet s’inscrit dans le secteur dédié à la culture, aux côtés de celui de Noémie TRENTO, qui conçoit un pole cinéma.

Le projet AEON s’implante à flanc de montagne, en dialogue direct avec les reliefs naturels du site. Fidèle à l’idée de réinterprétation des strates napolitaines, l’architecture s’enracine dans la roche, se laisse englober partiellement par le terrain, en gage d’humilité. Il ne s’agit pas d’imposer une forme, mais de se fondre dans la montagne, de laisser la topographie guider le geste architectural.

Le projet prend la forme d’un rectangle simple, une boîte, un volume pur et neutre, presque silencieux. Ce choix de forme volontairement minimaliste répond à une volonté claire : créer un contenant sans distraction, un tunnel initiatique dans lequel le visiteur puisse se concentrer pleinement sur le parcours de la connaissance. 

Comme dans un rite de passage, cette boîte devient un espace de transition, de transformation. C’est un écrin abstrait pour accueillir l’expérience intérieure. 

Enfin, l’implantation ne dépend pas seulement des courbes topographiques, le flanc de montagne est aussi dirigé vers le quartier de bagnoli, alors ce tunnel l’est aussi. Cette ouverture finale vers le paysage est une invitation à se reconnecter à son environnement, à inscrire le savoir acquis dans une réalité tangible. Le regard se pose alors sur le territoire en transformation, en régénération.

Intégration

Dans la continuité du travail d’implantation, pensé comme un geste discret et respectueux du paysage napolitain, la façade principale du projet prolonge cette même logique d’intégration sensible et narrative. Elle n’est pas conçue comme un simple habillage, mais comme une interface symbolique, un filtre entre l’intimité du parcours initiatique intérieur et l’ouverture sur le territoire.

La double peau, réalisée en panneaux de verre translucide, s’inscrit dans cette volonté de dialogue avec le site. Elle laisse transparaître la vue sur le quartier de Bagnoli, sans l’exposer totalement, comme une présence en filigrane. Cette transparence partielle évoque le cheminement intellectuel : voir sans encore tout comprendre, percevoir avant de pleinement saisir.

Sa forme suit une ligne de temps : irrégulière et fragmentée à sa base, symbolisant les débuts incertains de tout apprentissage, elle se tend progressivement, trouve son rythme, puis amorce une ascension subtile vers le ciel, traduisant l’aspiration vers la connaissance et la clarté. Cette élévation progressive, discrète mais déterminée, devient le reflet du parcours intérieur offert par le bâtiment.

Ainsi, la façade devient un récit en mouvement, une métaphore gravée dans la matière translucide valorisant le paysage et le poids du temps.

Rapport d'études

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